Poète, nouvelliste, critique littéraire et traductrice polonaise, Maria Konopnicka fut l’un des écrivains majeurs de la littérature polonaise du 19e siècle. Elle lutta pour le droit des femmes et l’aide aux prisonniers politiques. Sa poésie, lyrique et empreinte d’un profond patriotisme, bouleverse et intéresse toujours le jeune lectorat polonais. Elle eut, de son vivant, une popularité qui ne fut égalée que par celle de son compatriote et prix Nobel de littérature en 1905 Henryk Sienkiewicz (1846-1916), l'auteur de Quo Vadis. Voici un de ses plus beaux et poignants poèmes, magnifiquement traduit par Marian Pankowski, qui a su en garder l’âme…
Et lorsque le roi partit pour la guerre…
Et lorsque le roi partit pour la guerre…
Pour lui les clairons guerriers sonnèrent,
Pour lui sonnèrent les clairons en or,
A la victoire, en joyeux accords…
Et lorsque Stan partit pour la guerre
Il y eut le bruissement des sources claires,
Il y eut le bruissement d’un champ d’épis,
A l’infortune, à la nostalgie…
A la guerre comme à la guerre, sifflent les balles
En gerbe s’écroule le peuple battu,
La plus vaillante est la main royale,
Et les paysans tombent le plus dru.
Les aigles bruissent dans les bannières,
Grince la croix au village lointain…
Stan est touché et gît dans la bière,
Le roi est rentré au château, le matin.
Et lorsqu’il entra sous la grande porte
L’aurore sortit à sa rencontre,
Et le palais royal, jubilant,
Carillonnait aux quatre vents.
Et lorsqu’on bêcha la fosse pour Stan
Il y eut un bruissement dans les branches des platanes,
A travers le bosquet et au long du ruisseau
Les bleuâtres campanules tintaient en grelots.
Constantin Jelenski, 1981, Anthologie de la poésie polonaise, traduction de Marian Pankowski, L’Âge d’Homme.
A jak poszedł król...
A jak poszedł król na wojnę,
Grały jemu surmy zbrojne,
Grały jemu surmy złote
Na zwycięstwo, na ochotę...
A jak poszedł Stach na boje,
Zaszumiały jasne zdroje,
Zaszumiało kłosów pole
Na tęsknotę, na niedolę...
A na wojnie świszczą kule,
Lud się wali jako snopy,
A najdzielniej biją króle,
A najgęściej giną chłopy.
Szumią orły chorągwiane,
Skrzypi kędyś krzyż wioskowy...
Stach śmiertelną dostał ranę,
Król na zamek wraca zdrowy...
A jak wjeżdżał w jasne wrota,
Wyszła przeciw zorza złota
I zagrały wszystkie dzwony
Na słoneczne świata strony.
A jak chłopu dół kopali,
Zaszumiały drzewa w dali.
Dzwoniły mu przez dąbrowę
Te dzwoneczki, te liliowe...