Evénements

La librairie-galerie
Le Phénomène Humain
présente
une exposition-vente
permanente
des oeuvres
de Michel Henricot
et des gravures de
Bernadette
Planchenault

Plus d'infos ici.

Présentation

Prolégomènes

anamnêsis : du grec réminiscence. Ensemble des informations que fournit le malade (ou son entourage) au médecin sur l’historique de sa maladie.

Contours

Nulle autre prétention ici que de préciser quelques contours d'une mémoire volatile, et de les fixer pour un temps indéterminable. Nulle autre ambition que de les donner à voir au passant occasionnel, qu'un clic fortuit aura mené jusqu'à cette place, et de peut-être créer l'opportunité d'une découverte. Qui sait ?
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Musiques

Lundi 31 mars 2008

 

Je m’appuierai si bien et si fort à la vie,
D’une si rude étreinte et d’un tel serrement
Qu’avant que la douceur du jour me soit ravie
Elle s’échauffera de mon enlacement.

La mer, abondamment sur le monde étalée,
Gardera dans la route errante de son eau
Le goût de ma douleur qui est âcre et salée
Et sur les jours mouvants roule comme un bateau.

Je laisserai de moi dans le pli des collines
La chaleur de mes yeux qui les ont vu fleurir
Et la cigale assise aux branches de l’épine
Fera crier le cri strident de mon désir.

Dans les champs printaniers la verdure nouvelle
Et le gazon touffu sur les bords des fossés
Sentiront palpiter et fuir comme des ailes
Les ombres de mes mains qui les ont tant pressés.

La nature qui fut ma joie et mon domaine
Respirera dans l’air ma persistante odeur
Et sur l’abattement de la tristesse humaine
Je laisserai la forme unique de mon cœur.

Anna de Noailles, 1901, Le cœur innombrable, Calmann-Lévy.


 

 

par Anma K. publié dans : Poésies essentielles
Mardi 5 février 2008

Je pousse
entre les pierres des murs
là où
elles sont posées
là où elles sont scellées
là où elles forment des voûtes
 
là je me glisse
graine aveugle
dispersée par le vent
 
dans les fêlures du silence
je prolifère patiemment
j’attends que les murs s’écroulent
et retournent à la terre
 
je recouvrirai alors
les visages et les noms
 
                                                           1962


Tadeusz Różewicz, 2005, Inquiétude, Buchet/Chastel.
 
par Anma K. publié dans : Poésies essentielles
Mercredi 19 décembre 2007
… Quand il eut atteint le doux printemps
Viril et qu’un duvet crût sur ses joues,
Il songea à de possibles noces,
A Hippodamie, illustre fille du roi de Pise,
Eunomaos, en Elide. Et seul, le long de la mer grise,
Dans la nuit noire, il marcha près du flot grondant.
Il appela le Maître du puissant trident,
Et celui-ci lui apparut, tout proche. Et il lui dit : « Ô Poseidon,
Terrible ! Si jamais tu as reçu de moi le tendre don
De l’amour, viens à mon aide !
Que mon char vole, et qu’il triomphe, et qu’il précède
Celui du roi Eunomaos, aux plans atroces !
Ce tueur a jeté bas, prétendant après prétendant,
Vaincu treize hommes, et ainsi retarde
Les noces de sa fille ! Le danger
Est grand et ne veut pas d’un lâche.
Mais enfin, puisqu’il faut mourir, dois-je, étranger
A tout espoir, sans que jamais je me hasarde,
En quelque coin obscur m’asseoir, vieillir anonyme, sans avoir
Rien eu de ce qui est beau ? Cette tâche
Si noble est pour moi. Et fais qu’heureuse en soit l’issue !
Il dit ainsi et sa prière fut reçue :
Il obtint un char d’or, un attelage ailé, immortel.
Il vainquit l’insolent roi et mit dans son lit la vierge.
Et elle lui enfanta six fils aux vertus sublimes.
Et il dort maintenant sur la berge
De l’Alphée, et le sang des victimes
Ruisselle sur sa tombe, et les pèlerins à son autel,
Viennent en masse…
 
Marguerite Yourcenar, 1979, La Couronne et la lyre, Pindare : Première Olympique, 67-93, Poésies Gallimard.
 
 
 
 
 
par Anma K. publié dans : Poésies essentielles
Mardi 6 novembre 2007
 
Into my heart an air that kills
 From yon far country blows :
What are those blue remembered hills,
 What spires, what farms are those ?
 
That is the land of lost content,
 I see it shining plain,
The happy highways where I went
 And cannot come again.

From A Shropshire Lad, 1887

 

par Anma K. publié dans : Poésies essentielles
Vendredi 19 octobre 2007


 

Frondaisons pourprées
qui vous êtes effeuillées
dans l'eau du torrent
laissez au moins vos reflets
en souvenir de l'automne.

 

  

 


Ryôkan et Teishin, La rosée d'un lotus, 2002, Gallimard.

 

par Anma K. publié dans : Poésies essentielles
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