« Johannes Kepler, Keppler, Khepler, Kheppler ou Keplerus fut conçu le 16 mai 1571 à 4 h 37 du matin, et mis au monde le 27 décembre à 2 h 30 de l’après-midi, après une grossesse de 224 jours, 9 heures et 53 minutes. Les cinq orthographes de son nom sont de lui, de même que les dates de sa conception, de sa gestation et de sa naissance, toutes notées dans l’horoscope qu’il fit pour lui-même. Le contraste entre cette indifférence onomastique et cette extrême précision pour les dates reflète dès le début un esprit pour qui l’ultime réalité, l’essence de la religion du vrai et du beau était tout entière contenue dans le langage des nombres ».
C’est ainsi qu’Arthur Koestler présente le formidable homme de sciences et astronome allemand que fut Kepler. Ses découvertes révolutionnaires ont ouvert la voie à Newton, au même titre que celles de Nicolas Copernic, Tycho Brahé et Galileo Galilée, auxquels l’astrophysicien anglais rendit hommage dans sa célèbre phrase : « Si j’ai vu plus loin que les autres, c’est parce que j’ai été porté par des épaules de géants ».
Kepler confirma la théorie de Copernic selon laquelle la Terre tourne autour du Soleil, et découvrit, entre autres, que les planètes ne tournaient pas en cercle parfait autour du Soleil, mais en suivant des ellipses. Il découvrit ce qu’il nomma Lois de Kepler, relations mathématiques qui régissent les mouvements des planètes sur leurs orbites. De nature chétive et hypocondriaque, il meurt victime de la fièvre à 59 ans. Il fut enterré au cimetière Saint-Pierre de Ratisbonne, qui fut détruit lors de la guerre de Trente Ans. Seule subsiste l’épitaphe que ce visionnaire avait composée :
Je mesurais les cieux, je mesure à présent les ombres de la terre
L’esprit était céleste, ci-gît l’ombre du corps.
Mensus eram cœlo, nunc terrae umbras
Mens cœlistis erat, corporis umbra iacet.
Citations extraites de : Arthur Koestler, 1960, Les Somnambules – Essai sur l’histoire des conceptions de l’Univers, Calmann-Lévy.