On me reproche de n’écrire que sur des événements médiocres, de ne pas avoir de héros positifs. […] Nous menons une vie provinciale, les rues de nos villes ne sont même pas pavées. Nos villages sont pauvres et notre peuple accablé de souffrances. Tous, tant que nous sommes jeunes, nous chantons comme des passereaux sur un tas de fumier. A quarante ans, nous sommes déjà vieux et nous nous mettons à penser à la mort. Quelle sorte de héros sommes-nous ? […]
Je voudrais seulement dire en toute honnêteté aux gens : regardez, regardez donc combien vous vivez mal, comme votre existence est ennuyeuse ! L’important est qu’ils comprennent cela. S’ils le comprennent, ils inventeront sûrement une vie différente et meilleure. L’homme deviendra meilleur quand nous lui aurons montré comment il est.
Anton Tchekhov, 2004, Conseils à un écrivain, Editions du Rocher