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Nulle autre prétention ici que de préciser quelques contours d'une mémoire volatile, et de les fixer pour un temps indéterminable. Nulle autre ambition que de les donner à voir au passant occasionnel, qu'un clic fortuit aura mené jusqu'à cette place, et de peut-être créer l'opportunité d'une découverte. Qui sait ?

3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 18:56


C'est entre les pages d'un vieux Lemerre que je découvris ce vieil article que quelqu'un glissa soigneusement. Il est consacré au terrible critique du XIXe siècle, Gustave Planche, non seulement ennemi de Victor Hugo, mais des romantiques en général, qu'il combattit par d'impitoyables articles à la Revue des Deux Mondes, entre autres. Critique aussi redouté qu'honnête, sa pauvreté et son manque d'hygiène assurèrent sa renommée autant que son goût littéraire exercé et son indépendance d'esprit. C'est ce fort savoureux et bel hommage du journaliste Antoine Albalat, autre spécialiste de la littérature française, que je reproduis ici. J'ignore le nom du journal ainsi que sa date de parution. Il est fort probable qu'il fut publié au début du siècle dernier. En cette énième et ronflante rentrée littéraire, nul doute que si des personnages tels Gustave Planche et Jules Janin sévissaient encore aujourd'hui, on débattrait d'autre chose que de savoir qui d'Amélie Nothomb ou de PPDA aura le Goncourt, Nothomb qui pour l'occasion s'offre sa photo en couverture, une sorte de mélange sanguinolent entre La Famille Addams et Harry Potter... Incorruptible, Planche fut un modèle d'intégrité. Un exemple que tout critique littéraire digne de ce nom devrait avoir le courage de suivre en ces temps de complaisance et de renvoi d'ascenseur...


La Littérature Anecdotique
UN ENNEMI DE VICTOR HUGO

L'excellent accueil que le public a fait au drame de Victor Hugo, Marion Delorme, que vient de reprendre le Théâtre Français, donne un regain d'actualité à la peu sympathique, mais originale figure de Gustave Planche, le terrible et très oublié critique de la Revue des Deux Mondes. Planche fut l'ennemi personnel du romantisme. Inlassablement, avec un courage imperturbable, il a essayé de prouver que Victor Hugo était un poète sans génie et un mauvais auteur dramatique. Il n'avait peut-être pas tort sur ce dernier point; mais c'est parce que Victor Hugo était un grand poète que son théâtre résiste encore et séduit le public. Les critiques de Planche sont restées célèbres.

Fils d'un pharmacien, Gustave Planche, invinciblement attiré par l'histoire de l'art, la sculpture et la peinture, fréquenta d'abord les ateliers. Renié par sa famille, chassé par son père, il lui fallut gagner sa vie. Pour faire honte à ses parents, il s'habilla en mendiant et, ainsi vêtu, il affecta de se promener devant le magasin de son père, au coin du boulevard et de la chaussée d'Antin. C'est là que le directeur de L'Artiste le rencontra et lui offrit de faire la critique d'art dans sa revue.

Quelque temps après, Vigny fit entrer Planche à la Revue des Deux Mondes. Là, pendant près de vingt-cinq ans, il écrivit des articles de critique d'art et de critique littéraire, qui lui donnèrent un nom, une autorité, une réputation dont finit par s'offusquer l'illustre Jules Janin, alors prince de la critique au Journal des Débats. Planche incarna le désintéressement, l'indépendance, les idées classiques. Pauvre comme Job, heureux d'écrire ce qu'il voulait, gardant intact l'honneur de sa plume, repoussant les plus belles offres, il passa sa vie dans la misère. Dès qu'il avait de l'argent, il vivait en grand seigneur, se payait des voitures et de bons dîners. L'argent épuisé, Planche disparaissait, couchait dans des mansardes, mangeait à quinze sous. Il était énorme, grand, obèse et gourmand. Jules Vallès, qui le connut de très près, nous a laissé sur lui de curieux détails.

Un jour, Planche hérita d'un oncle qui lui laissa 80 000 francs. Au lieu de placer cet argent, le critique fit un voyage en Italie, y resta cinq ans et revint sans le sou. En moyenne, bien qu'il fût une personnalité de la Revue des Deux Mondes, il ne gagna jamais plus de 4 000 francs par an. On lui payait 200 francs la feuille de 16 pages. " Buloz, disait-il, m'a promis de me payer double un roman, c'est-à-dire près de 420 francs la feuille. Je mettrai là tout ce que j'ai. Ils veulent que je fasse un livre ! Mais qu'ils m'habillent, qu'ils me logent, qu'ils me nourrissent, et nous verrons. " Le projet n'eut pas de suite. La peur des créanciers le faisait à chaque instant changer de logis et sortir à des heures matinales. Il allait alors achever de dormir sur un banc du Luxembourg, sous l'oeil paternel des gardiens. Vallès raconte qu'il mangeait parfois dans un petit restaurant où les couverts et les gobelets de fer-blanc tenaient aux tables par une chaîne, de peur qu'on ne les emportât.

Planche pensa un moment à se présenter à l'Académie ; mais ayant "éreinté" tout le monde, il n'était pas tout à fait sûr d'avoir plus de deux ou trois voix. Cette idée d'être de l'Académie le tentait. " Pensez-donc ! disait-il. Quinze cents francs de jetons ! On me mettra au dictionnaire. Un billet de mille ! " Nommé professeur de littérature étrangère à Bordeaux par M. de Salvandy, Planche refusa ce poste parce qu'il ne savait pas deux mots d'espagnol. Ce qui est admirable, c'est que cet homme, qui avait toujours besoin d'argent, aurait brisé sa plume plutôt que d'en trafiquer. Un jour, Mme Dorval lui proposa d'écrire cent lignes sur son album, lui offrant de les lui payer mille francs. Planche, indigné, les larmes aux yeux, déchira la feuille, et Mme Dorval, très émue, lui fit des excuses.

Planche a laissé la réputation d’un homme plus que négligé dans sa toilette. Il passait pour ne point se laver et portait des vêtements sordides, un chapeau qui fut célèbre au café Momus. Invité un jour chez Mme Dorval, il arrive le premier, plus sale que jamais. « - Mon Dieu, mon ami, dit-elle, comme vous voilà fait ! Allez prendre un bain, je vous en conjure. Voilà une carte. » Planche obéit et revient aussi sale qu’auparavant.
« - Mais vous n’avez pas pris votre bain ! »
« - Si, je vous assure. »
« - Regardez vos mains. »
Planche resta interdit.
« - Ah ! dit-il, c’est que j’ai lu tout le temps. » Obligé de tenir le livre, ses mains n’avaient pas touché l’eau.

Un autre jour, en pleine misère, il va se loger dans un hôtel garni de cinquième ordre. Le propriétaire est tout étonné de lui voir comme linge trois faux-cols. « - Où sont vos chemises ? » demande-t-il. « -Faites-moi le plaisir, dit Planche, de m’expliquer pourquoi l’on met des chemises. Pour montrer son col, n’est-ce pas ? Eh bien ! voilà trois cols tout propres. » Planche ne pardonna pas à Jules Janin d’avoir plaisanté sa toilette. « Qu’il parle de mon talent, s’écriait-il ; mais dire que je porte des cravates à la Colin et que mon chapeau ne vaut pas deux sous ! Est-ce digne, voyons ! » Quand on lui demandait : « Où demeurez-vous ? » il répondait : « - Je ne demeure pas. Je perche. » « - Où ? » « - Champs-Elysées, troisième arbre à main droite. » La corpulence du critique rendait ce renseignement invraisemblable. Planche aimait fort à boire et ne quittait pas le café. Il disait quand il sortait : « A présent, il s’agit de ramener mon tonneau chez moi. » Le bruit courut un jour qu’un auteur, furieux d’avoir été critiqué, était tombé sur lui à coups de canne, au coin d’une rue. « Dieu soit loué, dit Charles Nodier. Au moins l’habit de Planche aura été battu une fois. »

Napoléon III voulut protéger le farouche critique. Il lui fit écrire pour l’informer qu’il pouvait choisir dans l’administration des Beaux-Arts la place qu’il voudrait, fût-ce la première. Planche aima mieux rester bohême. Il refusa. Or, un jour, un gros personnage des Beaux-Arts vint se plaindre avec insolence à la Revue des Deux Mondes de certains articles publiés par Planche. « Prévenez ce monsieur, dit Planche, que demain, si je veux, je puis avoir sa place. »

Jules Janin, qui était son adversaire et son rival au Journal des Débats, appelait Planche : Polycrasse.

Planche avait dit trop de mal des grands écrivains contemporains pour ne pas avoir excité des haines implacables. Fut-il réellement un homme de valeur ? Dans son Histoire des idées littéraires, Michiels, esprit très distingué, a dénoncé les plagiats, les larcins et les erreurs de Planche.

Jules Vallès ne croyait pas à la malpropreté physique du grand critique. Jules Levallois non plus. « Les anecdotes sur ses mains crasseuses, dit-il, sont de la pure imagination. Planche avait le plus grand soin de ses mains qui étaient fort belles. Je dirais même qu’il en avait le respect, s’il n’avait, à son retour d’Italie, pris l’habitude de manger le macaroni avec ses doigts, comme un simple lazzarone. » Dans les premiers temps que George Sand vivait librement à Paris, son mari, M. Dudevant, venait la voir, et George Sand ne manquait jamais d’appeler Planche pour accompagner avec elle son mari dans ses promenades.

Le terrible critique disparaissait parfois, et l’on ne savait ce qu’il était devenu. Un jour qu’il avait ainsi prolongé son séjour à la campagne, le bruit de sa mort courut à Paris. Sur ces entrefaites, Planche revient, va aux Variétés et rencontre Jules Janin, stupéfait, qui lui dit : « Comment ! vous n’êtes pas mort ! Eh bien ! me voilà gentil. Je viens de faire sur vous trois colonnes de nécrologie qui doivent paraître demain matin. Un éloge superbe ! » « - Où cela s’imprime-t-il ? » « - A deux pas, rue du Cadran. » « - Eh bien, dit Planche, allez vivement à l’imprimerie et remplacez les imparfaits par le présent de l’indicatif. » « Ainsi fut-fait, ajoute Levallois, et la nécrologie se trouva transformée en simple variété littéraire. »

 

Planche était très lié avec Balzac et se désolait de voir l’auteur du Père Goriot, par peur des créanciers, changer, lui aussi, à chaque instant de logement et demeurer introuvable. Un jour Balzac se cacha dans une maison de la rue Cassini, sous le nom de Mme Dupont, sage-femme. Gozlan découvrit se retraite et lui écrivit à cette adresse : « Mme Dupont, sage-femme, née de Balzac. »

Gustave Planche fréquentait les soirées de Charles Nodier à l’Arsenal. Un soir, une dame de province lui manifesta le désir de voir des écrivains célèbres qui, dans sa pensée, devaient être tous très beaux. « Je lui donnai le bras, raconte le critique, et je la conduisis à une table de jeu où se trouvaient Eugène Delacroix, qui ressemblait à une sorcière ; Sainte-Beuve, qui avait l’air d’une portière ; et Balzac, véritable type de toucheur de bœuf. »

Planche mourut en 1857, comme il avait vécu, dans la misère. C’est Jules Janin qui prononça l’oraison funèbre. La vie de Gustave Planche peut se résumer d’un mot : Il fut un grand honnête homme.

Antoine Albalat 
 

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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 10:31


Ce papier, nommé aussi papier Indien ou papier d'Oxford, fut fabriqué à l'origine avec la toile des voiles de navires. Il fut employé pour l'impression des Bibles dès le milieu du XIXe siècle. Ses qualités de résistance, d'opacité et de finesse l'ont fait adopter pour l'impression des volumes destinés à contenir sous une épaisseur normale un très grand nombre de pages.

Henri Neumayer, 1958, Philobiblion, Editions Eryx.



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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 09:00

   

La basilique du Sacré-Cœur, lieu de pèlerinage dédié au Cœur Sacré de Jésus, dominant Montmartre et Paris, de style romano-byzantin, [est] assise sur un impressionnant soubassement urbanistique constitué d’escaliers symétriques coupés de terrasses panoramiques. Appelée également la basilique blanche à cause de la pierre calcaire ayant servi à sa construction et blanchissant au contact du vent [elle est] vouée au salut de Paris pendant la guerre franco-prussienne de 1871 et à la victoire sur la Commune. Symbole du triomphe de l’Eglise sur les défenseurs athées de Dreyfus, c’est l’une des plus puissantes constructions sacrales de l’Europe de la fin du XIXe siècle. Achevée en 1910 seulement, [elle] assume depuis le rôle d’épouvantail dans l’art et la littérature française. Elle est l’obsession des héros du ventre de Paris de Zola, dont l’un tenta même de la dynamiter. Les surréalistes proposèrent en vain de la badigeonner en noir et de la transformer en dépôt de tramways.

Extrait : La vie songeuse de Léonora de La Cruz, Agnieszka Taborska et Selena Kimball, 2007, Editions Interférences.

 

 

Basilique du Sacré-Coeur, Paris © www.photosparis.fr

 

 

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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 20:01


Deux peintres très prestigieux et très célèbres vivaient en Chine à l’époque de la dynastie Yuan (XIVe siècle) : Li Chih-sing et Jen Jen-fa. La qualité de leur peinture et leur grandeur respective faisaient l’objet de disputes et de discussions passionnées, si bien que l’empereur lui-même décida de trancher le débat. Il proposa à chacun de peindre un paysage sur les parois opposées d’un grand salon de son propre palais. Durant des mois, les deux peintres travaillèrent sans relâche, séparés par deux rangées de doubles rideaux noirs.

Vint le jour de l’inauguration. Suivi de toute sa cour de dignitaires, de poètes, de philosophes, l’empereur admira, pour commencer, le paysage de Li Chih-sing. Le spectacle qui s’offrait devant lui le bouleversa à un tel point qu’il s’écria tout haut : « Il est impossible qu’un être humain puisse dépasser une telle perfection ! Si cela était, je lui ferais don de toute une province ! »

 

Paysage chinois - Osaka Municipal Museum of Art


On écarta alors le grand rideau noir. Mais ce ne fut qu’un cri de stupéfaction. Sur le mur d’en face, dans une transparence et une lumière admirable, se reflétait le tableau du premier peintre. Durant des mois, Jen Jen-fa s’était en effet ingénié à polir son propre mur, de telle sorte qu’il devint aussi brillant et transparent qu’un miroir. Mais, en vérité, ce n’était plus un tableau. Le salon n’existait plus. C’était la nature elle-même, mystérieuse et profonde, avec ses vallonnements, ses arbres, ses rochers et ses lumières infinies que l’empereur et sa suite avaient devant les yeux. Quand il revint de sa stupéfaction, le souverain appela vers lui le maître : « Que ma parole soit tenue, je vous fais don à vie de ma plus belle province ! » Jen Jen-fa s’inclina profondément devant l’empereur et le remercia vivement, mais il déclina l’offre. « Mon royaume est plus grand qu’une province », dit-il. Alors, lentement, il se dirigea vers le mur où se reflétait le paysage. On le vit s’y avancer comme si ce paysage était parfaitement réel, y cheminer, puis disparaître derrière un grand rocher. Aussitôt, la prodigieuse magie cessa. Abasourdis, l’empereur et sa suite ne virent plus devant eux qu’un mur de brique rouge parfaitement opaque, et jamais on ne revit le maître Jen Jen-fa.

Extrait de : L’art visionnaire, Michel Random, 1991, Philippe Lebaud.


 
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14 février 2008 4 14 /02 /février /2008 19:59

Montserrat Caballé


Montserrat Caballé, née en 1933, est l’une des sopranos les plus célèbres au monde. Cette diva espagnole cache le trésor de sa voix au sein du coffre… fort d’une généreuse poitrine. Elle est une véritable tour… de chant et, dans le microcosme impitoyable de l’art lyrique, on lui applique cette métaphore qui a déjà servi pour d’autres : « un éléphant qui aurait avalé un rossignol ».

Maria Callas

Lorsqu’on demandait à Maria Callas, sa grande rivale, comment, d’obèse qu’elle était, elle avait pu devenir cette sylphide, elle répondait : « Mon médecin m’a rrrecommandé de fairrre beaucoup de sporrrt. Alorrrs, chaque matin, je fais trrrois fois le tourrr de Montserrrat Caballé ! »

Extrait : Pour tout l’or des mots, Claude Gagnière, 1996, Robert Laffont.
 

 

  

 

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12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 10:08

 

Cadavre Exquis : André Breton, Max Morise, Jeannette Tanguy, Pierre Naville, Benjamin Péret, Yves Tanguy, Jacques Prévert © Yves Tanguy, MoMA, New York

Le Cadavre exquis, le jeu le plus connu des surréalistes, [fut] inventé en 1925 par Jacques Prévert dans un cercle d’artistes concurrent du groupe de Breton et se réunissant rue du Château. Chaque participant écrivait un mot, puis le cachait en pliant la feuille de papier qu’il transmettait à son voisin. Celui-ci faisait la même chose jusqu’au dernier joueur. Le nom provient de la première phrase obtenue ainsi : « Le cadavre-exquis-boira-le vin-nouveau ». Le jeu se joue aussi avec des dessins et des collages.


Extrait : La vie songeuse de Léonora de La Cruz, Agnieszka Taborska et Selena Kimball, 2007, Editions Interférences.






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11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 07:56


Accusé d’avoir instauré le régime de la Terreur sous la Révolution française, Jean-Paul Marat (1743-1793) fut poignardé dans sa baignoire par Charlotte Corday le 13 juillet 1793, alors qu’il prenait un bain de souffre pour calmer une maladie de peau dont il souffrait. Le peintre Jacques-Louis David, qui fut son ami, immortalisa cet évènement macabre par son célèbre tableau Marat assassiné. Voici ce qu’il advint du bras de Marat après que la foule promena sa baignoire dans les rues de Paris :
 

« Exposée à la vue du public, sa dépouille arrangée par Jacques-Louis David pour servir de modèle à sa future toile demeura pendant longtemps l’objet d’un pèlerinage, si longtemps qu’un de ses bras, baisé avec trop de ferveur, fut arraché et dut être remplacé par celui d’un autre cadavre. Marat fut enseveli dans une grotte artificielle aux Tuileries, son cœur suspendu au-dessus de la voûte du Club des Cordeliers ».

 

Extrait : La vie songeuse de Leonora de La Cruz, Agnieszka Taborska et Selena Kimball, 2007, Editions Interférences.

 

 

Jacques-Louis DAVID, 1793, Marat assassiné (165 x 128) - Musées Royaux des Beaux Arts, Bruxelles

 

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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 17:26

Titivillus est le démon des copistes qui porte sur son dos un sac plein de syllabes oubliées dans l'écriture, qu'il comptabilise en vue du Jugement dernier, constamment à l'affût de la moindre erreur.
 

 

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