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  • : Lire et contempler, découvrir et écouter : des livres et des paroles, des arts et des hommes.
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La Librairie AMK

présente
une exposition-vente
permanente
des gravures de
Bernadette
Planchenault
 et de
Ilona Kiss
des dessins aquarellés de
 
Séverine Maréchal
et des collages et encres de
 
Bruno Lanza
et
 Leandro Figueiredo

Plus d'infos ici.

Prolégomènes

anamnêsis : du grec réminiscence. Ensemble des informations que fournit le malade (ou son entourage) au médecin sur l’historique de sa maladie.

Jadis

Contours

Nulle autre prétention ici que de préciser quelques contours d'une mémoire volatile, et de les fixer pour un temps indéterminable. Nulle autre ambition que de les donner à voir au passant occasionnel, qu'un clic fortuit aura mené jusqu'à cette place, et de peut-être créer l'opportunité d'une découverte. Qui sait ?

8 mai 2008 4 08 /05 /mai /2008 10:42
 

J'vieillis, j'ai la peau qui s'est flétrie
J'ai mes cheveux qui s'raréfient
Et ça m'donne du vague à l'âme et l'mal de mer

J'vieillis, j'ai le derrière qui grossit
J'ai ma route qui s'rétrécit
Et ça m'rend, j'vous dis, l'âme amère

J'dessèche, j'suis pus douce comme la peau d'une pêche
J'ai pus cette chaleur qui passe quand on m'embrasse
J'suis vieille
J'ai les seins qui sont pus pareils
Y vont bientôt toucher la terre pourquoi faire

Pourtant j'ai pas vraiment vu passer l'temps
J'ai pas usé toutes mes affaires, enfin j'espère

J'vieillis

J'vieillis, j'me rapproche du paradis
Tous les jours petit à petit
C'est mon enfance qui s'éloigne loin derrière

J'vieillis, c'est tout s'qui différencie
Celle que j'étais d'celle que j'suis
Sauf que j'suis p'être aujourd'hui moins belle qu'hier

J'fatigue, j'suis pus comme l'intérieur des figues
J'ai pu ce rouge vif dans les veines et ça m'gêne
J'suis vieille.
J'ai pus le bonheur pareil
J'ai pus les courants si forts dans mon corps

Pourtant j'ai pas vraiment vu passer l'temps
J'ai pas usé toutes mes affaires, enfin j'espère

J'vieillis, J'vieillis,

J'vieillis, j'ai la peau qui s'est flétrie
Le blanc d'mes yeux qui jaunit
Et ça m'donne du vague à l'âme et l'mal de mer

Tu vois les douceurs c'est pus pour moi
Celles que l'on glisse à l'oreille

J'vieillis j'vieillis

Michel Jonasz, 1997, Diane Dufresne, RCAVICTOR

 

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Published by Anma K. - dans Ecouter
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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 14:52

 

Michel Henricot : St Sébastien (2007)
Huile sur toile

© Collection particulière. Tous droits réservés.




Michel Henricot : St Sébastien (2007)
Huile sur toile.
© Collection particulière. Tous droits réservés.


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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 10:31


Ce papier, nommé aussi papier Indien ou papier d'Oxford, fut fabriqué à l'origine avec la toile des voiles de navires. Il fut employé pour l'impression des Bibles dès le milieu du XIXe siècle. Ses qualités de résistance, d'opacité et de finesse l'ont fait adopter pour l'impression des volumes destinés à contenir sous une épaisseur normale un très grand nombre de pages.

Henri Neumayer, 1958, Philobiblion, Editions Eryx.



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Published by Anma K. - dans Curiosités
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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 13:45


Assassiner un étranger a toujours un petit côté ennuyeux : tandis que l'étripage en famille, c'est régulier, c'est traditionnel, c'est bourgeois. Et puis, ça a tout de même plus d'allure. Tuer un étranger, on pense à France Soir. Un parent, on pense à Sophocle.

Jean-Claude Brialy : Carambolages - Audiard par Audiard, 1995, Editions René Chateau.



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Published by Anma K. - dans Paroles d'auteurs
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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 12:54

 

Je m’appuierai si bien et si fort à la vie,
D’une si rude étreinte et d’un tel serrement
Qu’avant que la douceur du jour me soit ravie
Elle s’échauffera de mon enlacement.

La mer, abondamment sur le monde étalée,
Gardera dans la route errante de son eau
Le goût de ma douleur qui est âcre et salée
Et sur les jours mouvants roule comme un bateau.

Je laisserai de moi dans le pli des collines
La chaleur de mes yeux qui les ont vu fleurir
Et la cigale assise aux branches de l’épine
Fera crier le cri strident de mon désir.

Dans les champs printaniers la verdure nouvelle
Et le gazon touffu sur les bords des fossés
Sentiront palpiter et fuir comme des ailes
Les ombres de mes mains qui les ont tant pressés.

La nature qui fut ma joie et mon domaine
Respirera dans l’air ma persistante odeur
Et sur l’abattement de la tristesse humaine
Je laisserai la forme unique de mon cœur.

Anna de Noailles, 1901, Le cœur innombrable, Calmann-Lévy.


 

 

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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 14:23


On ne peut plus allumer la télé ces derniers temps sans tomber sur Claude François en train de chanter. C'est à se demander s'il n'est pas mort.

Jean Yanne, 2001, Je suis un être exquis, Le Cherche Midi.


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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 09:00

   

La basilique du Sacré-Cœur, lieu de pèlerinage dédié au Cœur Sacré de Jésus, dominant Montmartre et Paris, de style romano-byzantin, [est] assise sur un impressionnant soubassement urbanistique constitué d’escaliers symétriques coupés de terrasses panoramiques. Appelée également la basilique blanche à cause de la pierre calcaire ayant servi à sa construction et blanchissant au contact du vent [elle est] vouée au salut de Paris pendant la guerre franco-prussienne de 1871 et à la victoire sur la Commune. Symbole du triomphe de l’Eglise sur les défenseurs athées de Dreyfus, c’est l’une des plus puissantes constructions sacrales de l’Europe de la fin du XIXe siècle. Achevée en 1910 seulement, [elle] assume depuis le rôle d’épouvantail dans l’art et la littérature française. Elle est l’obsession des héros du ventre de Paris de Zola, dont l’un tenta même de la dynamiter. Les surréalistes proposèrent en vain de la badigeonner en noir et de la transformer en dépôt de tramways.

Extrait : La vie songeuse de Léonora de La Cruz, Agnieszka Taborska et Selena Kimball, 2007, Editions Interférences.

 

 

Basilique du Sacré-Coeur, Paris © www.photosparis.fr

 

 

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1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 12:03

 

Michel Henricot : Oeil © Reproduction interdite sans autorisation. Reproduction without permission is strictly forbidden.

 

Michel Henricot : Oeil (1974)
Huile sur toile
© Collection particulière. Tous droits réservés.



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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 20:01


Deux peintres très prestigieux et très célèbres vivaient en Chine à l’époque de la dynastie Yuan (XIVe siècle) : Li Chih-sing et Jen Jen-fa. La qualité de leur peinture et leur grandeur respective faisaient l’objet de disputes et de discussions passionnées, si bien que l’empereur lui-même décida de trancher le débat. Il proposa à chacun de peindre un paysage sur les parois opposées d’un grand salon de son propre palais. Durant des mois, les deux peintres travaillèrent sans relâche, séparés par deux rangées de doubles rideaux noirs.

Vint le jour de l’inauguration. Suivi de toute sa cour de dignitaires, de poètes, de philosophes, l’empereur admira, pour commencer, le paysage de Li Chih-sing. Le spectacle qui s’offrait devant lui le bouleversa à un tel point qu’il s’écria tout haut : « Il est impossible qu’un être humain puisse dépasser une telle perfection ! Si cela était, je lui ferais don de toute une province ! »

 

Paysage chinois - Osaka Municipal Museum of Art


On écarta alors le grand rideau noir. Mais ce ne fut qu’un cri de stupéfaction. Sur le mur d’en face, dans une transparence et une lumière admirable, se reflétait le tableau du premier peintre. Durant des mois, Jen Jen-fa s’était en effet ingénié à polir son propre mur, de telle sorte qu’il devint aussi brillant et transparent qu’un miroir. Mais, en vérité, ce n’était plus un tableau. Le salon n’existait plus. C’était la nature elle-même, mystérieuse et profonde, avec ses vallonnements, ses arbres, ses rochers et ses lumières infinies que l’empereur et sa suite avaient devant les yeux. Quand il revint de sa stupéfaction, le souverain appela vers lui le maître : « Que ma parole soit tenue, je vous fais don à vie de ma plus belle province ! » Jen Jen-fa s’inclina profondément devant l’empereur et le remercia vivement, mais il déclina l’offre. « Mon royaume est plus grand qu’une province », dit-il. Alors, lentement, il se dirigea vers le mur où se reflétait le paysage. On le vit s’y avancer comme si ce paysage était parfaitement réel, y cheminer, puis disparaître derrière un grand rocher. Aussitôt, la prodigieuse magie cessa. Abasourdis, l’empereur et sa suite ne virent plus devant eux qu’un mur de brique rouge parfaitement opaque, et jamais on ne revit le maître Jen Jen-fa.

Extrait de : L’art visionnaire, Michel Random, 1991, Philippe Lebaud.


 
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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 16:44

Marguerite YourcenarLes gens qui parlent par ouï-dire se trompent presque toujours, parce qu’ils voient du dehors et qu’ils voient grossièrement. Ils ne se figurent pas que des actes qu’ils jugent répréhensibles puissent être à la fois faciles et spontanés, comme le sont pourtant la plupart des actes humains. Ils accusent l’exemple, la contagion morale et reculent seulement le moment d’expliquer. Ils ne savent pas que la nature est plus diverse qu’on ne suppose ; ils ne veulent pas le savoir, car il leur est plus facile de s’indigner que de penser. Ils font l’éloge de la pureté ; ils ne savent pas combien la pureté peut contenir de trouble. Ils ignorent surtout la candeur de la faute.
 
Marguerite Yourcenar, 1990, Alexis ou le traité du vain combat, Folio.




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