Vendredi 23 novembre 2007
La vie imaginaire d’une sainte imaginaire, écrite par une spécialiste du surréalisme et illustrée par des collages.
« La sainteté sera convulsive ou ne sera pas. »
Telle est la dernière prophétie d’une sainte méconnue, patronne des diabétiques, des ramoneurs, des noyés, des fabricants de parfums et de somnifères, qui dictait
ses visions les yeux fermés, perdue entre le rêve et la méditation, reposant sur un lit mobile équipé de roues, d’une voile et d’une moustiquaire
Le roman-collage d’Agnieszka Taborska et de Selena Kimball raconte la vie songeuse de cette religieuse troublante et perpétuellement endormie dont
les visions prémonitoires exercèrent une véritable fascination sur les surréalistes.
Ils sont suivis d’une glose très bien documentée grâce à laquelle l’auteur nous plonge habilement dans l’univers du surréalisme dont elle décrypte certaines
énigmes.
Sainte Leonora de la Cruz a-t-elle réellement existé ? Est-il vrai que sa Vie fut découverte par Philippe Soupault dans une librairie du boulevard
Raspail, et qu’elle exerça sur le mouvement surréaliste une influence profonde, bien qu’occulte ? Au lecteur d’en décider.
Si le surréalisme est avant tout un état d’esprit, un regard porté sur le monde, une perception de la réalité qui va au-delà ou en deçà des apparences, alors ce
livre en est l’illustration parfaite. Car il est en lui-même un acte surréaliste.
Cet ouvrage est destiné aussi bien à ceux qui aiment et connaissent le surréalisme qu’à ceux qui souhaitent le découvrir.
Agnieszka Taborska est née en 1961 à Varsovie. Écrivain, historienne de l’art et traductrice de littérature française, elle vit entre la Pologne et les
États-Unis où elle enseigne la littérature française surréaliste.
Selena Kimball est née en 1973 aux États-Unis et vit à New York. Elle a participé à plusieurs expositions aux États-Unis, en Pologne, en Grande-Bretagne, au
Canada et en Roumanie.
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Aux amateurs de bons et beaux livres, je conseille vivement la découverte des autres titres des Editions Interférences, tous remarquables tant par la qualité de leur contenu que par le soin apporté à leur fabrication. Je recommande
particulièrement Requiem de la grande poétesse russe Anna Akhmatova, dont la nouvelle traduction de Sophie Benech m'a bouleversée, tant elle a su en restituer l'âme et
la douleur. Sophia Petrovna, roman poignant de Lydia Tchoukovskaïa qui fut l'amie d'Akhmatova, s'inspire directement de son recueil. On y trouve beaucoup de la vie de
celle qui refusa de s'exiler pour demeurer là où son peuple souffrait, et c'est à la fois un témoignage de l'époque de la terreur sous Staline et un vibrant hommage à toutes ces femmes
courageuses qui attendirent désespérément des nouvelles d'un proche arrêté et condamné sans raison.