Michel Henricot : Tête (1990)
Huile sur toile 73 x 54 cm
© Collection particulière. Tous droits réservés.
La librairie-galerie
Le Phénomène Humain
présente
une exposition-vente
permanente
des oeuvres
de Michel Henricot
et des gravures de
Bernadette
Planchenault
Plus d'infos ici.
Michel Henricot : Tête (1990)
Huile sur toile 73 x 54 cm
© Collection particulière. Tous droits réservés.
Je m'accommoderais fort mal d'un monde sans livres, mais la réalité n'est pas là, parce qu'elle n'y tient pas tout entière.
Marguerite Yourcenar, 1974, Mémoires d'Hadrien, Folio.
Accusé d’avoir instauré le régime de la Terreur sous la Révolution française, Jean-Paul Marat (1743-1793) fut poignardé dans sa baignoire par Charlotte Corday le 13 juillet 1793, alors qu’il
prenait un bain de souffre pour calmer une maladie de peau dont il souffrait. Le peintre Jacques-Louis David, qui fut son ami, immortalisa cet évènement macabre par son célèbre tableau Marat
assassiné. Voici ce qu’il advint du bras de Marat après que la foule promena sa baignoire dans les rues de Paris :
« Exposée à la vue du public, sa dépouille arrangée par Jacques-Louis David pour servir de modèle à sa future toile demeura pendant longtemps l’objet d’un pèlerinage, si longtemps qu’un de ses bras, baisé avec trop de ferveur, fut arraché et dut être remplacé par celui d’un autre cadavre. Marat fut enseveli dans une grotte artificielle aux Tuileries, son cœur suspendu au-dessus de la voûte du Club des Cordeliers ».
Extrait : La vie songeuse de Leonora de La Cruz, Agnieszka Taborska et Selena Kimball, 2007, Editions Interférences.
… Quand il eut atteint le doux printempsViril et qu’un duvet crût sur ses joues,Il songea à de possibles noces,A Hippodamie, illustre fille du roi de Pise,Eunomaos, en Elide. Et seul, le long de la mer grise,Dans la nuit noire, il marcha près du flot grondant.Il appela le Maître du puissant trident,Et celui-ci lui apparut, tout proche. Et il lui dit : « Ô Poseidon,Terrible ! Si jamais tu as reçu de moi le tendre donDe l’amour, viens à mon aide !Que mon char vole, et qu’il triomphe, et qu’il précèdeCelui du roi Eunomaos, aux plans atroces !Ce tueur a jeté bas, prétendant après prétendant,Vaincu treize hommes, et ainsi retardeLes noces de sa fille ! Le dangerEst grand et ne veut pas d’un lâche.Mais enfin, puisqu’il faut mourir, dois-je, étrangerA tout espoir, sans que jamais je me hasarde,En quelque coin obscur m’asseoir, vieillir anonyme, sans avoirRien eu de ce qui est beau ? Cette tâcheSi noble est pour moi. Et fais qu’heureuse en soit l’issue !Il dit ainsi et sa prière fut reçue :Il obtint un char d’or, un attelage ailé, immortel.Il vainquit l’insolent roi et mit dans son lit la vierge.Et elle lui enfanta six fils aux vertus sublimes.Et il dort maintenant sur la bergeDe l’Alphée, et le sang des victimesRuisselle sur sa tombe, et les pèlerins à son autel,Viennent en masse…Marguerite Yourcenar, 1979, La Couronne et la lyre, Pindare : Première Olympique, 67-93, Poésies Gallimard.![]()

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