Evénements

La librairie-galerie
Le Phénomène Humain
présente
une exposition-vente
permanente
des oeuvres
de Michel Henricot
et des gravures de
Bernadette
Planchenault

Plus d'infos ici.

Présentation

Prolégomènes

anamnêsis : du grec réminiscence. Ensemble des informations que fournit le malade (ou son entourage) au médecin sur l’historique de sa maladie.

Contours

Nulle autre prétention ici que de préciser quelques contours d'une mémoire volatile, et de les fixer pour un temps indéterminable. Nulle autre ambition que de les donner à voir au passant occasionnel, qu'un clic fortuit aura mené jusqu'à cette place, et de peut-être créer l'opportunité d'une découverte. Qui sait ?
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Musiques

Jeudi 17 janvier 2008


Michel Henricot : Tête © Reproduction interdite sans autorisation. Reproduction without permission is strictly forbidden.

Michel Henricot : Tête (1990)
Huile sur toile 73 x 54 cm
© Collection particulière. Tous droits réservés.

 

par Anma K. publié dans : Michel Henricot, peintre du silence
Samedi 12 janvier 2008


Je m'accommoderais fort mal d'un monde sans livres, mais la réalité n'est pas là, parce qu'elle n'y tient pas tout entière.

Marguerite Yourcenar, 1974, Mémoires d'Hadrien, Folio.

 

par Anma K. publié dans : Paroles d'auteurs
Vendredi 11 janvier 2008


Accusé d’avoir instauré le régime de la Terreur sous la Révolution française, Jean-Paul Marat (1743-1793) fut poignardé dans sa baignoire par Charlotte Corday le 13 juillet 1793, alors qu’il prenait un bain de souffre pour calmer une maladie de peau dont il souffrait. Le peintre Jacques-Louis David, qui fut son ami, immortalisa cet évènement macabre par son célèbre tableau Marat assassiné. Voici ce qu’il advint du bras de Marat après que la foule promena sa baignoire dans les rues de Paris :
 

« Exposée à la vue du public, sa dépouille arrangée par Jacques-Louis David pour servir de modèle à sa future toile demeura pendant longtemps l’objet d’un pèlerinage, si longtemps qu’un de ses bras, baisé avec trop de ferveur, fut arraché et dut être remplacé par celui d’un autre cadavre. Marat fut enseveli dans une grotte artificielle aux Tuileries, son cœur suspendu au-dessus de la voûte du Club des Cordeliers ».

 

Extrait : La vie songeuse de Leonora de La Cruz, Agnieszka Taborska et Selena Kimball, 2007, Editions Interférences.

 

 

Jacques-Louis DAVID, 1793, Marat assassiné (165 x 128) - Musées Royaux des Beaux Arts, Bruxelles

 

par Anma K. publié dans : Curiosités
Mercredi 19 décembre 2007
… Quand il eut atteint le doux printemps
Viril et qu’un duvet crût sur ses joues,
Il songea à de possibles noces,
A Hippodamie, illustre fille du roi de Pise,
Eunomaos, en Elide. Et seul, le long de la mer grise,
Dans la nuit noire, il marcha près du flot grondant.
Il appela le Maître du puissant trident,
Et celui-ci lui apparut, tout proche. Et il lui dit : « Ô Poseidon,
Terrible ! Si jamais tu as reçu de moi le tendre don
De l’amour, viens à mon aide !
Que mon char vole, et qu’il triomphe, et qu’il précède
Celui du roi Eunomaos, aux plans atroces !
Ce tueur a jeté bas, prétendant après prétendant,
Vaincu treize hommes, et ainsi retarde
Les noces de sa fille ! Le danger
Est grand et ne veut pas d’un lâche.
Mais enfin, puisqu’il faut mourir, dois-je, étranger
A tout espoir, sans que jamais je me hasarde,
En quelque coin obscur m’asseoir, vieillir anonyme, sans avoir
Rien eu de ce qui est beau ? Cette tâche
Si noble est pour moi. Et fais qu’heureuse en soit l’issue !
Il dit ainsi et sa prière fut reçue :
Il obtint un char d’or, un attelage ailé, immortel.
Il vainquit l’insolent roi et mit dans son lit la vierge.
Et elle lui enfanta six fils aux vertus sublimes.
Et il dort maintenant sur la berge
De l’Alphée, et le sang des victimes
Ruisselle sur sa tombe, et les pèlerins à son autel,
Viennent en masse…
 
Marguerite Yourcenar, 1979, La Couronne et la lyre, Pindare : Première Olympique, 67-93, Poésies Gallimard.
 
 
 
 
 
par Anma K. publié dans : Poésies essentielles
Vendredi 23 novembre 2007
 
La vie imaginaire d’une sainte imaginaire, écrite par une spécialiste du surréalisme et illustrée par des collages.
 
« La sainteté sera convulsive ou ne sera pas. »
 
Telle est la dernière prophétie d’une sainte méconnue, patronne des diabétiques, des ramoneurs, des noyés, des fabricants de parfums et de somnifères, qui dictait ses visions les yeux fermés, perdue entre le rêve et la méditation, reposant sur un lit mobile équipé de roues, d’une voile et d’une moustiquaire
 
Le roman-collage d’Agnieszka Taborska et de Selena Kimball raconte la vie songeuse de cette religieuse troublante et perpétuellement endormie dont les visions prémonitoires exercèrent une véritable fascination sur les surréalistes.
 
Ils sont suivis d’une glose très bien documentée grâce à laquelle l’auteur nous plonge habilement dans l’univers du surréalisme dont elle décrypte certaines énigmes.
 
Sainte Leonora de la Cruz a-t-elle réellement existé ? Est-il vrai que sa Vie fut découverte par Philippe Soupault dans une librairie du boulevard Raspail, et qu’elle exerça sur le mouvement surréaliste une influence profonde, bien qu’occulte ? Au lecteur d’en décider.
Si le surréalisme est avant tout un état d’esprit, un regard porté sur le monde, une perception de la réalité qui va au-delà ou en deçà des apparences, alors ce livre en est l’illustration parfaite. Car il est en lui-même un acte surréaliste.
 
Cet ouvrage est destiné aussi bien à ceux qui aiment et connaissent le surréalisme qu’à ceux qui souhaitent le découvrir.
 
Agnieszka Taborska est née en 1961 à Varsovie. Écrivain, historienne de l’art et traductrice de littérature française, elle vit entre la Pologne et les États-Unis où elle enseigne la littérature française surréaliste.
 
Selena Kimball est née en 1973 aux États-Unis et vit à New York. Elle a participé à plusieurs expositions aux États-Unis, en Pologne, en Grande-Bretagne, au Canada et en Roumanie.
 
 

Collage extrait de La vie songeuse de Leonora de La Cruz © Editions Interférences. Tous droits réservés.

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Aux amateurs de bons et beaux livres, je conseille vivement la découverte des autres titres des Editions Interférences, tous remarquables tant par la qualité de leur contenu que par le soin apporté à leur fabrication. Je recommande particulièrement Requiem de la grande poétesse russe Anna Akhmatova, dont la nouvelle traduction de Sophie Benech m'a bouleversée, tant elle a su en restituer l'âme et la douleur. Sophia Petrovna, roman poignant de Lydia Tchoukovskaïa qui fut l'amie d'Akhmatova, s'inspire directement de son recueil. On y trouve beaucoup de la vie de celle qui refusa de s'exiler pour demeurer là où son peuple souffrait, et c'est à la fois un témoignage de l'époque de la terreur sous Staline et un vibrant hommage à toutes ces femmes courageuses qui attendirent désespérément des nouvelles d'un proche arrêté et condamné sans raison.
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 
par Anma K. publié dans : Lire
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