Evénements

La librairie-galerie
Le Phénomène Humain
présente
une exposition-vente
permanente
des oeuvres
de Michel Henricot
et des gravures de
Bernadette
Planchenault

Plus d'infos ici.

Présentation

Prolégomènes

anamnêsis : du grec réminiscence. Ensemble des informations que fournit le malade (ou son entourage) au médecin sur l’historique de sa maladie.

Contours

Nulle autre prétention ici que de préciser quelques contours d'une mémoire volatile, et de les fixer pour un temps indéterminable. Nulle autre ambition que de les donner à voir au passant occasionnel, qu'un clic fortuit aura mené jusqu'à cette place, et de peut-être créer l'opportunité d'une découverte. Qui sait ?
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Musiques

Lundi 25 février 2008

Marguerite YourcenarLes gens qui parlent par ouï-dire se trompent presque toujours, parce qu’ils voient du dehors et qu’ils voient grossièrement. Ils ne se figurent pas que des actes qu’ils jugent répréhensibles puissent être à la fois faciles et spontanés, comme le sont pourtant la plupart des actes humains. Ils accusent l’exemple, la contagion morale et reculent seulement le moment d’expliquer. Ils ne savent pas que la nature est plus diverse qu’on ne suppose ; ils ne veulent pas le savoir, car il leur est plus facile de s’indigner que de penser. Ils font l’éloge de la pureté ; ils ne savent pas combien la pureté peut contenir de trouble. Ils ignorent surtout la candeur de la faute.
 
Marguerite Yourcenar, 1990, Alexis ou le traité du vain combat, Folio.




par Anma K. publié dans : Paroles d'auteurs
Jeudi 14 février 2008

Montserrat Caballé


Montserrat Caballé, née en 1933, est l’une des sopranos les plus célèbres au monde. Cette diva espagnole cache le trésor de sa voix au sein du coffre… fort d’une généreuse poitrine. Elle est une véritable tour… de chant et, dans le microcosme impitoyable de l’art lyrique, on lui applique cette métaphore qui a déjà servi pour d’autres : « un éléphant qui aurait avalé un rossignol ».

Maria Callas

Lorsqu’on demandait à Maria Callas, sa grande rivale, comment, d’obèse qu’elle était, elle avait pu devenir cette sylphide, elle répondait : « Mon médecin m’a rrrecommandé de fairrre beaucoup de sporrrt. Alorrrs, chaque matin, je fais trrrois fois le tourrr de Montserrrat Caballé ! »

Extrait : Pour tout l’or des mots, Claude Gagnière, 1996, Robert Laffont.
 

 

  

 

par Anma K. publié dans : Curiosités
Mardi 12 février 2008

 

Cadavre Exquis : André Breton, Max Morise, Jeannette Tanguy, Pierre Naville, Benjamin Péret, Yves Tanguy, Jacques Prévert © Yves Tanguy, MoMA, New York

Le Cadavre exquis, le jeu le plus connu des surréalistes, [fut] inventé en 1925 par Jacques Prévert dans un cercle d’artistes concurrent du groupe de Breton et se réunissant rue du Château. Chaque participant écrivait un mot, puis le cachait en pliant la feuille de papier qu’il transmettait à son voisin. Celui-ci faisait la même chose jusqu’au dernier joueur. Le nom provient de la première phrase obtenue ainsi : « Le cadavre-exquis-boira-le vin-nouveau ». Le jeu se joue aussi avec des dessins et des collages.


Extrait : La vie songeuse de Léonora de La Cruz, Agnieszka Taborska et Selena Kimball, 2007, Editions Interférences.






par Anma K. publié dans : Curiosités
Vendredi 8 février 2008


Carte jaïne : essai de représentation du mondeUne image symbolique de Bombay : par un après-midi nuageux et chaud, sur un trottoir dur, un trottoir en pierre, à un croisement, une jeune fille extraordinairement belle dort, abandonnée, protégée par sa propre douceur intérieure. Rien n’est aussi séduisant et insultant que le calme, la douceur corporelle avec lesquels cette jeune fille vêtue de guenilles sales s’abandonne à la bienveillance du trottoir. A la différence de la Gorgone tourmentée et endormie qu’un sculpteur grec para de la transpiration du désespoir, la plongeant en elle-même comme en un cauchemar, cette jeune fille habite une mythologie lointaine et anonyme ; elle oscille entre vie et mort, transporte constamment avec elle un sommeil nomade, se blottit en son sein, grignote sans doute un rêve rapide, et tout ce temps elle reste immobile, sans tenter d’atténuer la dureté de la rue sous son corps. Quelle relation y a-t-il entre ce corps et ce trottoir ? Je me demande ce que signifie le mot « douleur » dans ce lexique occulte et sans défense, et aussi « justice », et quelle place est faite aux larmes dans cet univers charnel.

 

Giorgio Manganelli, 1994, Itinéraire indien, Le Promeneur.

 

par Anma K. publié dans : Paroles d'auteurs
Mardi 5 février 2008

Je pousse
entre les pierres des murs
là où
elles sont posées
là où elles sont scellées
là où elles forment des voûtes
 
là je me glisse
graine aveugle
dispersée par le vent
 
dans les fêlures du silence
je prolifère patiemment
j’attends que les murs s’écroulent
et retournent à la terre
 
je recouvrirai alors
les visages et les noms
 
                                                           1962


Tadeusz Różewicz, 2005, Inquiétude, Buchet/Chastel.
 
par Anma K. publié dans : Poésies essentielles
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