J'vieillis, j'ai la peau qui s'est flétrie
J'ai mes cheveux qui s'raréfient
Et ça m'donne du vague à l'âme et l'mal de mer
J'vieillis, j'ai le derrière qui grossit
J'ai ma route qui s'rétrécit
Et ça m'rend, j'vous dis, l'âme amère
J'dessèche, j'suis pus douce comme la peau d'une pêche
J'ai pus cette chaleur qui passe quand on m'embrasse
J'suis vieille
J'ai les seins qui sont pus pareils
Y vont bientôt toucher la terre pourquoi faire
Pourtant j'ai pas vraiment vu passer l'temps
J'ai pas usé toutes mes affaires, enfin j'espère
J'vieillis
J'vieillis, j'me rapproche du paradis
Tous les jours petit à petit
C'est mon enfance qui s'éloigne loin derrière
J'vieillis, c'est tout s'qui différencie
Celle que j'étais d'celle que j'suis
Sauf que j'suis p'être aujourd'hui moins belle qu'hier
J'fatigue, j'suis pus comme l'intérieur des figues
J'ai pu ce rouge vif dans les veines et ça m'gêne
J'suis vieille.
J'ai pus le bonheur pareil
J'ai pus les courants si forts dans mon corps
Pourtant j'ai pas vraiment vu passer l'temps
J'ai pas usé toutes mes affaires, enfin j'espère
J'vieillis, J'vieillis,
J'vieillis, j'ai la peau qui s'est flétrie
Le blanc d'mes yeux qui jaunit
Et ça m'donne du vague à l'âme et l'mal de mer
Tu vois les douceurs c'est pus pour moi
Celles que l'on glisse à l'oreille
J'vieillis j'vieillis
Michel Jonasz, 1997, Diane Dufresne, RCAVICTOR
par Anma K.
publié dans :
Ecouter
Michel Henricot : St Sébastien (2007)
Huile sur toile
© Collection particulière. Tous droits réservés.
Michel Henricot : St Sébastien (2007)
Huile sur toile.
© Collection particulière. Tous droits réservés.
Ce papier, nommé aussi papier Indien ou papier d'Oxford, fut fabriqué à l'origine avec la toile des voiles de navires. Il fut employé pour
l'impression des Bibles dès le milieu du XIXe siècle. Ses qualités de résistance, d'opacité et de finesse l'ont fait adopter pour l'impression des volumes destinés à contenir sous une épaisseur
normale un très grand nombre de pages.
Henri Neumayer, 1958, Philobiblion, Editions Eryx.
par Anma K.
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Curiosités
Assassiner un étranger a toujours un petit côté ennuyeux : tandis que l'étripage en famille, c'est régulier, c'est traditionnel, c'est bourgeois. Et puis, ça a tout
de même plus d'allure. Tuer un étranger, on pense à France Soir. Un parent, on pense à Sophocle.
Jean-Claude Brialy : Carambolages - Audiard par Audiard, 1995, Editions René Chateau.
par Anma K.
publié dans :
Paroles d'auteurs
Je m’appuierai si bien et si fort à la
vie,
D’une si rude étreinte et d’un tel serrement
Qu’avant que la douceur du jour me soit ravie
Elle s’échauffera de mon
enlacement.
La mer, abondamment sur le monde étalée,
Gardera dans la route errante de son eau
Le goût de ma douleur qui est âcre et salée
Et sur les jours mouvants roule comme un
bateau.
Je laisserai de moi dans le pli des collines
La chaleur de mes yeux qui les ont vu fleurir
Et la cigale assise aux branches de l’épine
Fera crier le cri strident de mon
désir.
Dans les champs printaniers la verdure nouvelle
Et le gazon touffu sur les bords des fossés
Sentiront palpiter et fuir comme des ailes
Les ombres de mes mains qui les ont tant
pressés.
La nature qui fut ma joie et mon domaine
Respirera dans l’air ma persistante odeur
Et sur l’abattement de la tristesse humaine
Je laisserai la forme
unique de mon cœur.
Anna de Noailles,
1901, Le cœur innombrable, Calmann-Lévy.
par Anma K.
publié dans :
Poésies essentielles